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2007-08-26
Montpezat de Quercy, France
La France serait-elle refermée sur des certitudes arrogantes au nom de la laïcité ?
S'adressant aux parlementaires le 10 mars 2006, M. Philippe Douste-Blazy, alors ministre des Affaires Etrangères, commentait ainsi le rapport du Département d'Etat américain sur les Droits de l'Homme, concernant notamment l'exercice de la foi et de la religion en France (extraits) :
« Le Département d'Etat est obligé, tous les ans, de faire rapport au Congrès américain. C'est un rapport qui reflète une vision américaine, qui donne une appréciation des Etats-Unis sur la situation des Droits de l'Homme dans les différents pays du monde. Personne évidemment ne conteste aux Etats-Unis le droit d'avoir leur vision des choses. (…) De façon rituelle, et presque tous les ans, notamment sur la question de la liberté religieuse et sur la question de la lutte contre les sectes, on se rend compte que l'approche américaine n'est pas exactement la même que la nôtre en France. Simplement parce que chaque pays a sa culture, ses traditions, une tradition laïque pour nous, tandis que les Américains ont une tradition un peu différente. (…) Ce rapport est un rapport américain que nous prenons et que nous lisons comme tel. »
Le Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS) vient de transmettre ce communiqué de presse à différentes agences et journalistes que nous publions dans son intégralité :

Le commentaire de M. le Ministre n'est qu'une manière diplomatique de dire « Ce rapport est leur histoire, nous n'avons rien à en faire, rien à apprendre d'eux ».

La différence entre la France laïque (" le modèle français ", comme on dit aujourd'hui) et le reste du monde, est que nous sommes dans un pays compliqué, lourd, saturé de méfiance et d'interdits, et de " prises de tête "...
Qu'est-ce qui donne aux Français le pouvoir de s'enorgueillir d'une telle différence ?
Les réponses qui nous viennent de l'étranger ne sont pourtant pas de nature à justifier cette suffisance.
Selon Geneviève Delaunoy, journaliste belge :
« A juste titre, les Français sont fiers d'une histoire très porteuse. Cependant, ils abusent parfois de cet atout. Ils ont, en effet, tendance à considérer ce qu'ils ne connaissent pas comme sans intérêt, nul et non avenu. Trop souvent, les Français affichent également un mépris insupportable à l'égard des étrangers, même francophones. (…) Ce comportement fait penser à un coq au sommet de son petit tas de fumier, content de lui et méprisant le reste de la basse-cour. »
(www.diploweb.com, " Quelle France dans le monde au XXIe siècle ? ", de Pierre Verluise )

Selon un diplomate français ayant récemment passé plusieurs années en poste auprès de l'Union européenne :
« A ma grande consternation, je dois bien admettre que l'arrogance des Français se manifeste à chaque instant de la vie et des négociations communautaires. Le Français joue son rôle, a quelque chose à dire sur n'importe quel sujet touchant les affaires du monde (…), se doit de prendre la parole pour déclamer de grands principes, que ce soit au comptoir d'un bar parisien ou autour d'une table de négociation internationale. Ce comportement " brillant " s'enracine dans une prétention à l'universalisme. Non seulement le Français prétend à l'universalité, mais il est de surcroît celui qui dit volontiers Non, contestant autant que possible le politiquement correct anglo-saxon. Il ne prend pas pour autant le temps d'écouter les arguments d'autrui. Enfin, le Français se voit accusé de vouloir utiliser les moyens dont il dispose - par exemple dans les instances communautaires - pour faire la leçon au monde entier. Où que ce soit, un Français persiste à se croire le centre du monde... et cela se ressent dans le regard que les autres posent sur nous »

Roland Meyer« La France apparaît donc comme un pays dans lequel on n'écoute pas véritablement l'information. Résultat, les étrangers présents dans les séminaires interculturels reprochent souvent aux Français de s'enfermer dans leurs certitudes. Ce qui empêche toute remise en question mais aussi toute progression. En effet, entendre ce que pense autrui fait parfois grandir. »

Mais que s'est-il passé dans notre beau pays de France ?
Selon Francis Balle, professeur de Sciences Politiques à l'université Paris-II, qui enseigne également chaque année aux Etats-Unis, depuis 1981, à l'université de Standford, en Californie. Espace en forte croissance, celle-ci constitue un observatoire significatif. Voici son constat :
« Il devient exceptionnel de voir un événement français faire la Une des journaux américains (...) La France donne l'impression de ne plus exister qu'à travers ses musées... Outre le déplacement du centre de gravité du monde vers le Pacifique, il faut bien y voir un certain échec de notre politique de présence à l'étranger. »

Ecrivain britannique et éditorialiste au Wall Street Journal Europe, John Laughland apporte une autre réponse :
La dégradation des images de la France dans le monde devient visible au milieu des années 1970 et s'accélère avec les élections de François Mitterrand à la présidence de la République, en 1981 et 1988. Depuis, la France a perdu son chemin. Cela se voit aussi bien dans le domaine intérieur qu'en matière de politique étrangère, parce que ce sont les deux côtés de la même médaille.

Selon Gérard Delaloye, journaliste et historien suisse, à propos de la loi About-Picard :
Dans sa furie anti-secte, le parlement français s'aligne, en digne représentant de la fille aînée de l'Eglise, sur les positions les plus rétrogrades défendues par le Vatican via la loi italienne. Dans le genre, il n'y a qu'une secte valable, c'est la nôtre ».
Dans le Süddeutsche Zeitung : « Les cadres de la République baignent dans un rationalisme qui leur donne la conviction missionnaire qu'ils incarnent la raison, un concept aussi sacré que la République et tout aussi universel. On pourrait considérer ce républicanisme transcendantal comme un trait folklorique sympathique, [...] s'il n'était pas devenu au cours des dernières années un modèle figé. Au nom de la République de la raison éternelle de 1789, toute réorientation de la politique intérieure et extérieure de la France est impossible ».

Selon le Dr Gregory Baum, théologien et professeur à l'Université McGill, Montréal (Québec) Canada : "
« Après les suicides ou les meurtres commis par le Temple Solaire en 1994, en Suisse et au Québec, et en 1995 en France, un fort courant de sentiments antisectes, non sans une certaine hystérie, s'est emparé de la République française. Le Parlement a institué une Commission d'enquête sur les sectes qui a publié, en 1996, un rapport controversé intitulé Les sectes en France. Le rapport parlementaire établit une distinction très nette entre "religions" et "sectes". Les religions auraient servi l'intérêt commun et auraient joui de la liberté religieuse, tandis que les sectes seraient des obstacles au bien commun et ne mériteraient pas l'appui du public. Le rapport a publié une liste de 172 " sectes dangereuses " laquelle incluait des mouvements spirituels respectés dans d'autres pays européens. (…) Le rapport parlementaire a alimenté en combustible le sentiment anti-culte en France, a rendu les gens suspicieux quant à tous mouvements spirituels, sauf à l'égard des religions traditionnelles, et a encouragé la presse à poursuivre et à enquêter sur les groupes définis comme dangereux. (…) " La France de l'après Révolution a hérité d'une tradition rationaliste qui revendique la validité universelle, un legs intellectuel qui laisse peu de place au pluralisme culturel et religieux ».

Comment renverser le courant ?
Jean-Daniel Tordjmanambassadeur aux investissements internationaux, trace une voie :

Soyons à l'écoute du monde, moins arrogants et plus modestes. Dans un monde global, nous ne pouvons plus passer notre temps à prétendre que l'exception française est la seule voie convenable. (…) La France a un grand avenir, mais il lui faut se garder de l'arrogance ». (www.diploweb.com, " Quelle France dans le monde au XXIe siècle ? ", de Pierre Verluise)

John Laughland confirme : « Il appartient à un gouvernement d'incarner l'intérêt national. Ce qui suppose de se libérer des lobbies. Si un gouvernement en demeure l'otage, il devient évident aux yeux du monde qu'il n'est plus souverain, même chez lui. Il doit alors se contenter de rechercher le niveau le plus bas possible d'insatisfaction mutuelle entre les parties en présence. Les gouvernements français fonctionnent ainsi, réagissant à des pressions successives qu'ils ne cessent d'apaiser en promettant des subsides. Ce qui fait penser aux empereurs du temps de la décadence romaine, achetant le peuple en lui donnant du pain et des jeux ».
(www.diploweb.com, " Quelle France dans le monde au XXIe siècle ? ", de Pierre Verluise)

Le regard proposé par le CICNS selon Valérie Dole, invite à une réorientation de la politique du gouvernement français, en particulier sur la question des minorités spirituelles, afin de favoriser le dialogue, l'ouverture et l'acceptation de la différence, source de richesse et de vitalité dans un pays démocratique.

Source : Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)
Service Presse du CICNS - Valérie Dole - 05 63 03 18 46 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net
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