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2007-09-21
Paris, France
Complexe éducatif pour accueillir des élèves sikhs à Bobigny
Sur les 12 millions d'élèves scolarisés en France, un peu plus de 2 millions le sont dans le privé, soit une part de 17 % environ, sensiblement équivalente à la moyenne européenne. Les élèves inscrits dans le privé représentent 13 % de l'ensemble des effectifs du primaire, 21% du secondaire et 29% des élèves de l'enseignement agricole. Plus de 5 000 écoles, 1 600 collèges et 1 500 lycées privés sous contrat emploient près de 140 000 enseignants.

Le privé comprend majoritairement des établissements sous contrat avec l'Etat (à 98 %) dans le cadre de la Loi Debré de 1959. qui s'engagent à respecter les programmes scolaires. En échange, l'Etat rémunère les enseignants. Les établissements hors contrat sont organisés et financés par des personnes privées. Avant d'être placées sous contrat, les classes doivent avoir fonctionné pendant cinq ans.

Un complexe éducatif privé, où doit ouvrir fin septembre une classe de lycée qui pourra notamment accueillir des élèves sikhs avec leurs turbans, a été inauguré le samedi 15 septembre à Bobigny (Seine-Saint-Denis) devant 200 personnes.

Ce centre baptisé « Shere Punjab », situé en zone franche urbaine, a été lancé et financé par Gurdial Singh, un entrepreneur du bâtiment de 52 ans, dont un fils a été exclu d'un lycée public pour cause de turban, considéré comme un signe religieux ostensible au sens de la loi sur la laïcité de mars 2004.

Ce complexe regroupe un centre de formation en alternance et une école supérieure internationale qui préparera à plusieurs formations MBA (Master, 3e cycle). Sur le site, 650 m2 d'anciens locaux de France Telecom, se trouve une pépinière d'entreprises et l'entreprise de M. Singh.

Ce projet « n'est pas communautaire et il pourra offrir une solution aux familles. C'est insupportable d'avoir des jeunes exclus d'établissements », a expliqué à l'AFP Sundri Kaur, directrice financière et administrative du lycée et du campus. De son côté, Fabrice Gontard, directeur de l’établissement rappelle au journal La Croix «« Le seul lycée ne permettrait pas de trouver un équilibre financier. Avec l ‘école supérieure et le centre de formation, la rentabilité devrait être atteinte au bout d’un an d’existence. Pour le seul lycée, il aurait fallu attendre trois ans. Le coût de la scolarité s’élève mensuellement à 100 € pour chaque lycéen. »

Depuis 2005, l'association United Sikhs a recensé une quinzaine de jeunes « déscolarisés contre leur gré » de l'enseignement public dans ce département, qui compte plusieurs milliers de Sikhs. Six cas d'exclusion ont donné lieu à des recours devant les tribunaux.
Avant d'ouvrir la classe de lycée, les responsables attendent encore le passage de la commission de sécurité, puis le feu vert du rectorat.
« Nous espérons pouvoir accueillir une dizaine d'élèves en classe de seconde d'ici la fin du mois », a expliqué avec optimisme Fabrice Gontard.

La maire de Bobigny, Catherine Peyge (PCF), avait accordé fin juillet le permis de construire nécessaire aux aménagements du lycée privé. A Bobigny, ville aux « 98 nationalités, nous travaillons très bien avec la communauté sikh même si nous sommes avant tout pour le principe de l'école publique », a expliqué sur place à l'AFP Abdel Sadi, premier adjoint au maire de Bobigny.

Source : La Croix, AFP
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