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les protestants s'engagent pour une loi sur la liberté religieuse
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2008-02-22
Paris, France
Trois discours et les vieilles passions se rallument
Il a suffi de trois discours (à Rome, en Arabie saoudite et au CRIF) du président de la République française pour rallumer les vieilles passions. En France, dès que l’on évoque la religion par des politiques ou la politique par des religieux, les passions laïques se réveillent.
Pour avoir proclamé que la foi et l’espérance sont les bienvenues dans notre société, pour avoir célébré les mérites des prêtres et des pasteurs, pour avoir souligné la légitimité de toutes les confessions et prôner la tolérance religieuse, le chef de l’Etat s’est vu accusé de remettre en question la laïcité et de pencher vers une laïcité à l’américaine. Si parler du toilettage de la loi de 1905, comme l’ont dit les protestants, est déjà grave même si cette loi a été modifié une dizaine de fois par le passé, favoriser un glissement vers un modèle religieux américain constitue en France, pour des laïcs purs et durs (laïcistes), la plus sévère incrimination puisqu’elle ajoute l’anti-américanisme au laïcisme.

Il suffit d’une interview de la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy à l’hebdomadaire « VSD », Emmanuelle Mignon pour qu’une véritable polémique s’engage, la République française serait-elle au bord de l’asphyxie ? Dès la parution du journal VSD n°1591 du 20 au 26 février 2008, la France découvre que « les sectes sont un non-problème ».

Depuis le temps que l’on nous parle de la dangerosité des sectes, des travaux de différentes commissions parlementaires, des rapports de la MILS puis de la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), des actions menées par différentes associations comme l’UNADFI, le CCMM, et que les médias n’hésitent pas à rendre compte des témoignages de souffrance des ex-adeptes des sectes devenus victimes après avoir été militants, on nous affirme subitement que « les sectes sont un non-problème ». Notre laïcité n’est pas en mesure d’accepter de tels propos et la polémique suscitée montre bien le climat antireligieux régnant au sein de notre laïcité. On n’est pas en mesure de discerner le bon grain de l’ivraie et on ne le souhaite pas. Après avoir affirmé ces dernières années que la liste sur les sectes de 1995 est un non sens, on découvre subitement le bienfait de cette liste. Mieux encore, on veut une mise à jour constante comme l’affirment plusieurs personnalités politiques. On découvre de nouvelles vertus à la MIVILUDES pour lui donner probablement une nouvelle énergie et on fait référence à la détresse des victimes, des familles qui se sont fait piéger par les escrocs de la foi.

On oublie simplement de préciser que les dérives sectaires ne sont pas l’exclusivité des groupes religieusement incorrects mais que dans tous les domaines, dans toutes les disciplines, dans tous les partis politiques ou religieux, les sociétés commerciales ou les milieux associatifs ou humanitaires, dans toutes les sociétés, on trouve aussi des comportements et des attitudes intégristes, fermées et sectaires. Il existe là aussi des victimes de nombreux délits aussi variés que l’intolérance, la manipulation mentale, le mépris des autres, l'escroquerie financière, le racisme, et la discrimination. La laïcité favorise la liberté religieuse mais elle ne peut pas adopter à son tour les erreurs d’une religion obscurantiste avec ses dogmes et ses prêtres pour partir en croisade par cycle après avoir entretenu une véritable « sectophobie » dans l’opinion publique. Le brassage des populations en occident favorise aussi l’existence d’une société multiconfessionnelle. L’accueil de l’immigré passe aussi par l’accueil de sa foi et de ses pratiques. (JPB)

Source : AIDLR-France
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