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2008-03-22
Roumanie
Une association laïciste dénonce l’enseignement créationniste
La toute-puissance de l’Eglise orthodoxe ne fait pas l’unanimité en Roumanie. Depuis des années, l’association laïciste «Solidarité pour la liberté de conscience», présidée par Remus Cernea, dénonce toute emprise religieuse sur la société. Et c’est désormais le créationnisme qui est pointé du doigt.

«Officiellement, il y a la séparation de l’Eglise et de l’Etat, mais en réalité les deux institutions sont intimement liés», expliquait Remus Cernea, en septembre 2007, dans le journal Libération. Il est certain qu’après la chute de la dictature communiste en 1989, la société a retrouvé immédiatement sa ferveur religieuse.

Aujourd’hui, environ 90% des 21 millions de roumains sont orthodoxes. Et 75% de la population affirme avoir confiance en cette institution. Dès lors, il semble incontournable que la foi soit devenue omniprésente dans toutes les sphères de la société.

Dans les écoles, dès que les portraits du Conducator Nicolae Ceausescu ont été remplacés par les icônes de Jésus et de la vierge Marie, l’enseignement de la religion est devenu obligatoire. Et de nombreux inspecteurs du Ministère de l’éducation sont également des prêtres.

«C’est le chaos ! », s’exclame alors Mircea Vasilescu, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Dilema Veche. Dans son interview accordée à Libération, il explique : « Dans certaines écoles, les élèves peuvent apprendre que les catholiques ou les protestants sont de mauvais chrétiens. Dans d’autres, on ne fait que prier ».

Les programmes scolaires vont-ils évolués ?

« Solidarité pour la liberté de conscience » a lutté pour le retrait des icônes dans les écoles publiques. Un vif débat s’est installé dans le pays, avant que le Ministre de l’éducation déclare officiellement : «Ce n’est pas le Ministère qui a mis les icônes dans les classes, ce n’est donc pas à lui de les enlever». Le procès est toujours en cours.

Cependant, aujourd’hui, l’association de Remus Cernea mène un nouveau combat, celui de la réhabilitation du Darwinisme dans les programmes scolaires, et le retrait de tout enseignement créationniste. Et pour y parvenir, il a saisi le Conseil de l’Europe. Lors de la prochaine commission chargée de l’éducation, qui se tiendra début avril, la requête sera examinée.

C’est en 2006, qu’une commission chargée de revoir les manuels, décide de ne plus promouvoir le Darwinisme aux élèves. Ces derniers apprennent depuis, dans les heures de religion, les théories créationnistes. Quant à l’évolutionnisme, il est qualifié «d’erreur de la science moderne».

Pour Remus Cernea, le Ministère «enfreint le droit des élèves à l’information et risque de rayer la Roumanie de la carte des pays dotés d’un enseignement moderne et compétitif». Puis, il affirme à l’AFP que «la théorie de l’évolution représente environ 15% du contenu des programmes scolaires de biologie pour les classes terminales».

L’enseignement du créationnisme en Roumanie est-il réellement le fruit d’une emprise religieuse inacceptable, ou le choix d’une population de ne pas accorder la moindre pertinence à la théorie de Darwin ? Peut-on reprocher à une population presque unanimement chrétienne, d’enseigner le créationnisme ? Des questions qui restent en suspens, dans un contexte mondial où on s’interroge de plus en plus sur le droit de contester le Darwinisme.

Source : Top chrétien/BIA
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