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2008-06-23
Maldives
Interdiction d’un livre sur la liberté de religion et l’apostasie
Le Conseil suprême des affaires islamiques du gouvernement a interdit le livre Freedom of Religion, Apostasy and Islam (La liberté de religion, l’apostasie et l’islam) co-écrit par l’ancien procureur général et candidat à la présidence, le Dr Hassan Saeed, au motif qu’il « viole les principes islamiques ».

C’est la première fois que le Conseil interdit un livre spécifique depuis le bannissement, durant une courte période en 2005, de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, qui a été rétracté une semaine plus tard.

L’interdiction a été demandée par le Parti démocratique islamique (PDI), qui a demandé à Hassan Saeed de se retirer comme un candidat à l’élection présidentielle -, mais nie que son action est politiquement motivée.

Interdiction
Selon un communiqué de presse du Conseil suprême diffusé mercredi, l’importation de copies de La liberté de religion, l’apostasie et l’islam ou la possession du livre aux Maldives est désormais interdite.

Outre qu’il « viole les principes islamiques », le livre contient « des phrases qui peuvent induire le public en erreur », selon le Conseil. Mais il n’a pas précisé quelles parties du livre sont en faute.

« Si quelqu’un voit le livre dans le pays, s’il vous plaît informez le Conseil suprême », indique le communiqué de presse. « Et si quelqu’un a le livre, s’il vous plaît envoyez votre copie au Conseil sans délai ».

Le PCI s’est fait dire précédemment par le vice-président du Conseil suprême, le Cheikh Mohamed Ahmed Farooq, qu’il n’y avait « aucune raison de prendre une action en justice » contre le livre, car il n’est pas vendu ou distribué dans le pays. Mais une deuxième demande a eu du succès après que le PCI a fait valoir que sa disponibilité sur Internet était un motif d’interdiction, selon le vice-président du PCI Mohamed Hassan Manik.

Le parti appelle maintenant au blocage des sites Internet qui présentent le texte du livre.

Les droits de l’homme
Le livre, co-écrit avec le frère de Saeed, Abdullah Saeed, fait valoir que « la peine de mort [pour apostasie] est contraire aux textes fondateurs de l’islam, le Coran et la sunna, et avec la philosophie actuelle des droits de l’homme, notamment la liberté de choisir sa religion ».
Saeed a condamné l’interdiction mardi, et son équipe de campagne a indiqué qu’elle ne mettrait pas fin à sa campagne présidentielle, qu’il mène comme candidat indépendant à la suite de sa démission du gouvernement en août dernier.

Son « partenaire politique », le Dr Ahmed Shaheed, a indiqué que le Conseil était « un comparse politique du [Président Maumoon Abdul] Gayoom ».
Et il a mis le gouvernement au défi de donner suite à son affirmation que le livre est contraire à l’islam, déclarant que « s’ils interdisent cet ouvrage, ils doivent également prendre des mesures contre [Saeed] ... La loi interdit toute activité contraire à l’islam ».
Saeed avait défendu le livre comme une « savante » exploration de « l’élaboration de la notion d’apostasie », et a ajouté que son frère est « considéré comme l’une des principales autorités dans le monde sur la loi islamique ».

Présidence
Manik a déclaré que l’interdiction signifie que Saeed n’était « pas éligible à la présidence » et qu’il était « temps pour Hassan de présenter des excuses au peuple des Maldives et de mettre fin à sa campagne présidentielle ».
« Nous avons été un peuple d’une seule religion pendant 800 ans »
, a-t-il ajouté. « C’est la chose la plus importante pour notre stabilité ».
Le PCI, perçu comme un parti à la ligne dure avec des politiques telles que la peine de mort pour les trafiquants de drogue, présente également un candidat à la présidence, le chef du parti Umar Naseer.
Mais Manik a déclaré : « Ce n’est pas un acte politique. Cela fait partie de notre responsabilité envers la nation ». Le parti avait déjà dénoncé Saeed comme un « apostat » et un « hérétique ».

Conseil suprême
Le Conseil suprême des affaires islamiques, la plus haute autorité religieuse dans le pays, a le pouvoir d’interdire les « ouvrages contraires à l’islam ». Il a déjà interdit Les versets sataniques de Salman Rushdie.
Les membres sont nommés par le Président Gayoom, qui a personnellement créé le groupe dans les années 1980. Gayoom est arrivé au pouvoir sur une plate-forme religieuse en 1978 après des études à l’université islamique Al Azhar en Égypte.

Mais le gouvernement semble s’être trouvé lui-même en conflit avec son propre corps religieux depuis un attentat à la bombe à Malé en septembre qui semble être lié avec le fondamentalisme religieux, incitant le gouvernement à soutenir les opinions religieuses « modérées ».
Le ministre de l’Information Mohamed Nasheed a depuis mis le Conseil au défi de permettre au prédicateur Dr Afrashim Ali, que Nasheed qualifie de « libéral », de diriger les prières dans les mosquées. Nasheed s’est également plaint ce mois-ci que le Conseil n’a pas réussi à contribuer à la lutte contre le fondamentalisme - une affirmation que le Président du Conseil a rejetée comme « mensongère ».

Le Conseil suprême a interdit la Déclaration universelle des droits de l’homme en 2005 au motif que « les articles 16 et 18 de la Déclaration sont en contradiction avec la Constitution de la République des Maldives et puisque aucun habitant des Maldives ne tient à la pratique d’une autre religion que l’islam ... il est interdit à toute personne d’avoir la Déclaration en sa possession ».
Mais face au tollé, le gouvernement a retiré l’interdiction une semaine plus tard.

Source : http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?breve630/BIA
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