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2008-08-06
Paris, France
Les sept détenus bahá’ís en Iran accusés à tort : l'inquiétude redouble
Nouvelle source d'inquiétude pour les sept baha'is détenus à la prison d'Evin de Téhéran : les autorités iraniennes les accusent de collusion avec l'Etat d'Israël. Le procureur adjoint en charge de la sécurité à la Cour islamique révolutionnaire de Téhéran, Hassan Haddad, a affirmé à la presse iranienne que les sept détenus auraient «avoué» diriger une organisation «illégale» ayant des liens avec Israël.

Par ailleurs, des journaux gouvernementaux iraniens affirment que ces sept détenus, membres d'un comité ad hoc chargé d'administrer la communauté - et en contact avec les autorités -, avaient vocation à «espionner au profit de l’Etat israélien» afin de «déstabiliser l’Etat iranien».

Accusations auxquelles les baha'is opposent un démenti. «La communauté bahá’íe n’est pas impliquée dans les affaires politiques. Leur seul ’crime’ est la pratique de leur religion», indique Bani Dugal, principale représentante de la Communauté internationale bahá’íe auprès des Nations Unies.

Le 14 mai, six des administrateurs, qui assuraient jusqu'ici la gestion des affaires courantes des 300 000 baha'is d’Iran, ont rejoint en détention le septième administrateur, une femme, déjà emprisonnée depuis le 5 mars, sans procès, ni charges. En réponse à l’indignation de certains pays et de la présidence de l’Union Européenne, le gouvernement iranien avait indiqué à l'époque que ces personnes présentaient « une menace pour l’Etat ».

Les sept personnes ont été jusqu'ici privées d'accès à un avocat et n'ont eu que très peu de contacts avec leurs familles, limités à quelques coups de téléphone d'une ou deux minutes. La Fédération internationale des droits de l'Homme (Fidh) s'inquiète pour leur intégrité physique et psychologique et a demandé à l'avocate Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix, de bien vouloir se charger de leur défense.

Depuis 1979, les bahá’ís, principale minorité religieuse d'Iran, sont stigmatisés en Iran, leurs biens confisqués, certains sont régulièrement emprisonnés, interrogés sur leurs activités, plusieurs centaines ont été exécutés. Tous sont interdits d'études supérieures, d'accès à la fonction publique, leurs retraites ne sont plus versées, leurs cimetières détruits, des enfants baha'is subissent des vexations publiques dans leurs écoles.

En 1980, les neuf membres de l'assemblée collégiale dirigeante des baha'is d'Iran ont disparu et n’ont jamais été retrouvés. Après quelques années de relative accalmie, le sort des baha'is s’est de nouveau fortement dégradé après l’arrivée au pouvoir du président Mahmoud Ahmadinejad.

Depuis plusieurs semaines les baha'is subissent des menaces de mort, incendies de maisons, et tentatives de meurtre, impunis.

Source : Silène Martino & Yasmine Hanafi/Service de presse Baha’is/France
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