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2009-05-06
Toronto, Canada -
une musulmane autorisée à contester la décision de justice l'interdisant de porter le voile au tribunal
Une musulmane du Canada vient de se voir offrir une nouvelle chance de défendre sa volonté de porter le voile pendant qu'elle témoigne au tribunal contre deux hommes accusés de l'avoir agressée sexuellement.

Cette affaire, qui suscite une attention particulière, met aux prises la liberté de religion de cette femme et le droit qu'ont les prévenus de faire face à leur accusatrice au tribunal. Elle affirme que sa religion l'oblige à couvrir son visage.

En octobre, le juge de l'Ontario Norris Weisman avait décidé que la femme devait enlever son niqab - voile recouvrant le visage, ne laissant apparaître que les yeux - lorsqu'elle témoignait. Les avocats de la défense avaient argué qu'ils devaient pouvoir évaluer le comportement de la femme afin d'adapter leur interrogatoire.

La femme, qui porte le niqab depuis cinq ans, a demandé à la Cour supérieure de justice de l'Ontario d'annuler la décision. Dans un jugement de 38 pages rendu public le 1er mai, le juge de la Cour supérieure Frank Marrocco a écrit que le juge Norris Weisman devait procéder à une nouvelle audience sur cette question, car il ne l'avait pas étudiée suffisamment en profondeur avant de prendre sa décision.

Le juge Marrocco a confirmé que le juge Weisman était compétent pour ordonner à la femme d'ôter son voile s'il le décidait, mais il a suggéré que les affaires comme celle-ci devaient être examinées par les juges au cas par cas dans le cadre d'une procédure judiciaire.

« L'approche canadienne pourrait être un compromis », a écrit le juge Marrocco. « Un juge d'instance devra examiner d'autres paramètres liés à la société, outre la liberté de religion et le droit au contre-interrogatoire. »

Le juge Weisman a affirmé qu'il était parvenu à sa décision après avoir estimé que la croyance religieuse de la femme n'était « pas si forte ... et qu'il s'agit, comme elle l'indique, d'une question de confort ». La femme, qui porte le niqab depuis cinq ans, a reconnu qu'elle l'avait enlevé pour sa photo de permis de conduire, a-t-il souligné.

Le juge de la Cour supérieure ne s'est pas prononcé sur la question du droit des prévenus à voir le visage de leur accusatrice.

Les noms de la femme et des accusés sont protégés par une interdiction de publication.

Environ 580 000 musulmans vivent au Canada, mais très peu de femmes portent le niqab.

Source : ENI
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