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les protestants s'engagent pour une loi sur la liberté religieuse
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2009-06-07
Paris, France
Les réactions en France à la liberté religieuse évoquée par Barack Obama
Barack Obama en a-t-il trop fait ? Dans son discours au monde musulman, tenu jeudi 4 juin au Caire, le président des États-Unis s'est volontiers référé aux textes saints, louant sans réserve les vertus inhérentes, selon lui, aux trois grandes religions monothéistes, colorant même son propos de formules mystiques dignes d'un responsable religieux.

« Son souci de respect pour l'islam et la religiosité de ses propos paraissent excessifs à des esprits français, empreints de laïcité », reconnaît le politologue Denis Lacorne, directeur de recherches au Ceri-Sciences Po, spécialiste des États-Unis. « Mais ce discours était adapté à son auditoire et il faut avoir en tête que les présidents américains incluent toujours des références religieuses dans leurs discours. »

Un passage au moins a pourtant particulièrement heurté les oreilles françaises : l'allusion à l'interdiction de porter le voile dans certains "pays occidentaux", en l'occurrence la France. Au chapitre de la liberté religieuse, M. Obama a ainsi exhorté les « pays occidentaux à éviter d'empêcher les musulmans d'exercer leur religion comme ils le souhaitent, par exemple en dictant ce qu'une musulmane devrait porter » « Je rejette l'opinion de certains selon laquelle une femme qui choisit de se couvrir la tête est d'une façon ou d'une autre moins égale », ajoutant toutefois : « J'ai la conviction qu'une femme que l'on prive d'éducation est privée d'égalité. »

Tout à sa volonté de démontrer la proximité entre les États-Unis et l'islam, M. Obama a aussi rappelé, sous les applaudissements, que « le gouvernement américain a recours aux tribunaux pour protéger le droit des femmes et des filles à porter le hidjab et pour punir ceux qui leur contesteraient ce droit ».
« Ce passage sur l'interdiction du voile est gênant, car il dénote une méconnaissance de la situation française. Les musulmanes peuvent y porter le voile, même si l'école est sanctuarisée et si l'espace de l'État est neutre par rapport aux religions », rappelle le chercheur Patrick Weil, qui fut membre de la commission Stasi à l'origine de la loi sur l'interdiction du port de signes religieux à l'école, adoptée en 2004.

« Il a surtout voulu évoquer ce que les musulmans, à travers le monde, ont compris de cette loi, à savoir qu'elle était discriminatoire envers l'islam », commente Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM). S'il reconnaît que la loi était destinée à « apaiser des tensions dans les établissements scolaires », M. Moussaoui estime que les propos de M. Obama « peuvent renforcer le sentiment qu'elle va à l'encontre de la liberté religieuse ».
« Alors que, dans l'ensemble de son discours, il se montre proche de "l'islam des Lumières", sur le voile, M. Obama redevient américain et dogmatique, laissant entendre que le port du voile signifie la liberté », constate aussi l'anthropologue Malek Chebel. « Il n'a pas hésité à flatter la rue musulmane quitte à flatter les plus radicaux », regrette l'auteur d'un récent Dictionnaire du Coran (Fayard, 2009).
Mais cette instrumentalisation politique de la religion est calculée, selon M. Lacorne, qui voit aussi dans l'insistance de M. Obama à parler de « la tolérance et du droit des femmes » des critiques implicites à l'islam, tel qu'il est vécu dans certains pays, notamment en Arabie saoudite ou en Afghanistan.

De son côté, le comité « 15 mars et Libertés » salue la position juste et innovante exprimée par le Président de la République française, M. Nicolas Sarkozy, à l'occasion des commémorations du Jour le plus long, affirmant qu’en France, « toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire (……) si c'est son choix ».
Jusqu'ici, les tenants d'une vision radicale de la laïcité se sont toujours opposés au port par les jeunes filles qui le souhaitent d’une tenue vestimentaire qu’elles ont choisie, aussi discrète soit-elle. Les victimes de cette intolérance se comptent, aujourd’hui, par centaines, contraintes de choisir entre leurs convictions religieuses et leurs études.

Cette organisation de défense salue cette ouverture vers une laïcité enfin apaisée et bienveillante, selon Monsieur Hassan Safoui, secrétaire général de cette organisation. « Nous exprimons nos plus vifs espoirs pour que ces déclarations soient suivies de mesures concrètes afin que soit levée l’injustice que subissent des citoyens de confession musulmane sur la base de leur religion, dans notre pays. » affirme t’il dans un communiqué de presse.

Source : Le Monde/Comité 15 mars et liberté/BIA
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