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2009-08-03
New Delhi
Au Pakistan, les écoles d'une Église ferment pour protester contre les violences antichrétiennes
Des écoles d'Église et d'autres institutions chrétiennes de Karachi ont fermé en signe de protestation contre le meurtre de chrétiens dans la région du Punjab, dans le centre du Pakistan, lors de violences collectives à l'encontre de chrétiens. Une cinquantaine d'autres personnes ont été blessées et des dizaines de maisons chrétiennes incendiées.

L'archevêque Lawrence John Saldanha, chef de l'Église catholique romaine au Pakistan, a, dans un communiqué du 3 août, appelé « toutes les institutions chrétiennes du Punjab à fermer et à observer un deuil de trois jours pour condamner le fait que sept chrétiens ont été brûlés vifs. »

Les chrétiens tués le 1er août comprendraient quatre femmes et deux enfants. Les violences ont eu lieu suite à des rumeurs selon lesquelles des chrétiens de la région auraient souillé un exemplaire du Coran, le livre saint de l'islam. L'attaque a eu lieu à Gojra après le passage d'une marche de musulmans à travers un quartier essentiellement chrétien de la ville.

« Les responsables de la marche incitaient à la violence à l'encontre des chrétiens et des coups de feu dirigés contre des chrétiens sont même partis de la foule », a déclaré Peter Jacob, un porte-parole de l'Église catholique au Pakistan, au correspondant du service de presse oecuménique le 3 août.

Lorsqu'un chrétien a répliqué en tirant un coup de feu, raconte Peter Jacob, la foule de musulmans, qui était selon lui constituée de plusieurs centaines d'individus, s'en est prise aux chrétiens et a incendié leurs maisons.

« Un grand nombre de victimes ont été tuées par balles et brûlées. Les examens post-mortem révèlent des blessures de balles en plus des brûlures », a affirmé Peter Jacob, secrétaire exécutif de la Commission nationale pour la justice et la paix de l'Église catholique. Il se demande pourquoi les autorités ont permis à « une procession aussi provocante ne serait-ce que d'entrer dans un quartier chrétien. ».

Dans un communiqué, le Conseil national des Églises du Pakistan, qui regroupe quatre Églises protestantes, a déploré l'attaque visant les chrétiens, les qualifiant de "bouleversantes".

Victor Azariah, secrétaire général du conseil d'Églises, a déclaré au correspondant d'ENI que des violences avaient déjà eu lieu le 30 juillet dans le village voisin de Korian, suite aux rumeurs de profanation du Coran par des chrétiens.

« Les activistes islamistes de l'extérieur du village ont créé une atmosphère de peur et ont détruit et incendié des biens à l'aide d'armes à feu et d'explosifs », a indiqué dans un communiqué la Commission des droits de la personne du Pakistan.

Shahbaz Bhatti, ministre pakistanais des minorités, qui est chrétien, a rejeté les accusations de profanation du Coran par des chrétiens et a accusé la police d'avoir ignoré son appel à protéger les chrétiens.

Une loi prévoyant la peine de mort en cas de blasphème envers le prophète Mahomet est souvent exploitée pour régler certains litiges avec les chrétiens et d'autres minorités au Pakistan, où 97 % des 170 millions d'habitants sont musulmans.

Source : ENI/BIA
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