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2009-11-04
Nairobi, Kenya
Les responsables d'Église de la côte kenyane rejettent le foulard islamique à l'école
Les Églises ont le droit de déterminer quelle tenue vestimentaire est appropriée dans leurs propres écoles, ont affirmé les responsables d'Église de la région côtière du Kenya. Cette réaction est intervenue suite à la contestation, par des fidèles de l'islam dans la région, de plusieurs décisions des Églises sur le port du hijab, le foulard des musulmanes.

Un responsable musulman s'était indigné après que des parents musulmans eurent affirmé qu'ils allaient retirer leurs enfants des écoles chrétiennes en signe de protestation contre l'interdiction du hijab par les directeurs de ces institutions.

« Désormais, les musulmans imposent leurs vues sur la question du hijab », a déclaré l'évêque anglican de Mombasa, Julius Kalu, au correspondant du service de presse de l’ENI. « En tant que soutiens financiers des écoles, nous disons non. Nous devons être consultés. »

Ce sont les missionnaires chrétiens qui ont ouvert les écoles dans la région côtière du Kenya au XIXe siècle. Les écoles admettent tous les enfants, y compris ceux qui suivent l'islam, qui a une forte présence sur la côte kenyane.

Les deux religions ont bien coexisté, a expliqué l'archevêque Kalu, jusqu'au 14 juillet, lorsque le principal responsable du Ministère de l'Education, le professeur Karega Mutahi, a émis une circulaire, sans consulter les Églises, exigeant que les écoles chrétiennes permettent aux élèves musulmanes de porter le hijab en classe.

« Le secrétaire permanent a fait des déclarations sans nous consulter. Les relations entre musulmans et chrétiens s'en sont trouvées très affectées », selon l'archevêque Kalu. « Nous nous demandons pourquoi il nous ignore. Il nous a mis en colère. »

En août, les évêques catholiques romains du Kenya ont ordonné aux responsables d'école de maintenir le code vestimentaire de leur Église, et ont demandé d'organiser une consultation. Les responsables catholiques ont affirmé que « l’Église possède ses propres traditions religieuses, sa propre discipline et une philosophie de l'éducation entretenue et nourrie dans ses écoles. »

« Nous faisons pression sur le gouvernement pour qu'il retire la circulaire », a déclaré le 27 octobre le père John Correa, vicaire épiscopal de l'archidiocèse catholique de Mombasa. Il a ajouté : « Je doute que des enfants soient retirés des écoles. Nous n'avons constaté aucun retrait jusqu'à présent. »

Sheikh Mohammed Dor, responsable du Conseil des imams et prédicateurs du Kenya et député au Parlement, a ordonné le retrait des élèves musulmans dès le 26 octobre, afin de protester contre le rejet du hijab par les Églises. Il a affirmé que les décisions des Églises étaient provocatrices et il a mis en garde contre une colère généralisée des musulmans dans le pays.

« Nous ne nous laisserons plus intimider et le gouvernement doit cesser de jouer le rôle d'arbitre entre nous et les catholiques, qui nous mettent au pied du mur », a déclaré Sheikh Mohammed Dor dans le quotidien Daily Nation le 23 octobre.

Le responsable musulman a exhorté les musulmans à rejeter toutes les écoles qui refusent aux élèves musulmanes de porter le hijab. Il a par ailleurs averti que les fidèles de l'islam pourraient bientôt lancer une "fatwa", un avis religieux à forte valeur contraignante, concernant le code vestimentaire dans les écoles.

Source : ENI/BIA
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