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les protestants s'engagent pour une loi sur la liberté religieuse
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2012-01-15
Jérusalem, Israël
La ségrégation religieuse entre femmes et hommes suscite un vif débat
Plusieurs femmes ont été l’objet d’insultes verbales ces dernières semaines après avoir refusé de s’asseoir au fond d’un bus public. Mais Israël doit-il autoriser la ségrégation sexuelle dans la sphère publique simplement parce qu’un groupe religieux – les juifs ultra-orthodoxes – l’exige ? Des actions de protestation voient le jour.
« Cela nous amène directement à la question fondamentale pour le pays, à savoir quel genre de valeurs nous voulons pour notre État démocratique juif ? » s'est interrogée Anat Hoffman, directrice exécutive du Centre d’action religieuse d’Israël, lors d'un entretien avec la correspondante d’ENInews.

Jusqu’à une période récente, les ultra-orthodoxes n’imposaient leurs règles concernant la séparation des sexes – y compris des trottoirs séparés pour les hommes et pour les femmes – que dans leurs propres quartiers, mais ils commencent à faire appliquer leurs normes dans d'autres zones. Ils affirment que la ségrégation est nécessaire afin de protéger la pudeur des femmes et qu’il s’agit d’un précepte de la Halakha, le droit religieux juif.

Cependant, un éminent rabbin conservateur, Eliezer Melamed, a affirmé dans la chronique qu’il tient chaque semaine dans un journal que ce précepte est « facultatif » et non pas « imposé » par la loi juive.

Bastion fondamentaliste ?

Alon Visser, 22 ans, un habitant de Jérusalem qui a fait acte de protestation contre la ségrégation dans un bus le 1er janvier, a déclaré que ce qui est en cause ici, c’est « la liberté dans la sphère publique et la coercition religieuse ». Il a déclaré: « Je voudrais que ce pays conserve certaines valeurs. Je ne veux pas voir ce pays se transformer en bastion fondamentaliste. »

Plusieurs femmes ont été l’objet d’insultes verbales ces dernières semaines après avoir refusé d’aller s’asseoir au fond d’un bus public pratiquant de manière officieuse la ségrégation sexuelle. Dans la ville de Beit Shemesh, à l’ouest de Jérusalem, un homme ultra-orthodoxe a craché sur une jeune femme orthodoxe moderne alors qu’elle se rendait à l’école, parce qu’il jugeait que sa jupe longue et sa chemise n’étaient pas assez pudiques, ont indiqué des médias.

La ségrégation entre femmes et hommes a été imposée illégalement dans l’utilisation des trottoirs: les femmes ne sont autorisées à marcher que d’un côté de la rue. Quant à certaines cliniques publiques, elles sont réservées aux hommes. Des campagnes publicitaires se sont abstenues d’utiliser des images de femmes afin de ménager les sensibilités ultra-orthodoxes. Par ailleurs, deux événements ont suscité un vif émoi parmi les Israéliens laïcs : la seule lauréate d’un prix du Ministère de la santé a été exclue de la cérémonie au motif que sa présence offensait les sensibilités religieuses et des intervenantes ont été rayées de la liste des invités à une conférence gynécologique.

Concours de chansons protestataires
Des femmes ont réagi en organisant un « flash mob » sous la forme d’un spectacle de danse au centre de Beit Shemesh. Des groupes d'« usagères de la liberté » investissent des bus pratiquant la ségrégation, des femmes ont prêté leur image à une campagne de publicité sur la propriété privée et organisé des concours de chansons pour protester contre la montée de l’extrémisme.

« Les gens ne sont pas au clair avec le concept du multiculturalisme », a déclaré Laura Wharton, 49 ans, membre du Conseil municipal de Jérusalem, affiliée au parti de gauche Meretz.

Début janvier, dans le cadre d’une protestation organisée, elle est montée à bord d’un bus où se pratiquait la ségrégation. « Cela signifie qu’on peut célébrer les fêtes qu’on souhaite, et non pas qu’on peut inventer ses propres lois. »
Source : ENINews/BIA
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