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les protestants s'engagent pour une loi sur la liberté religieuse
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2012-05-29
Genève , Suisse
Amnesty International pointe du doigt la persécution des minorités religieuses
Les minorités ethniques et religieuses ont été la cible d'assassinats, de torture et de mauvais traitements au cours des douze derniers mois. C'est ce qui ressort du rapport annuel d'Amnesty International sur les violations des droits de la personne, publié le 24 mai.

« La mauvaise gouvernance s'est généralisée dans le monde au cours de l'année passée », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International. « Certains responsables politiques répondent aux protestations par la brutalité ou l'indifférence. Les gouvernements doivent exercer leurs responsabilités légitimes et rejeter l'injustice en protégeant les démunis et en modérant les puissants. »

M. Shetty a mis en demeure les grandes puissances mondiales de soutenir les négociations qui doivent se tenir à l'ONU en juillet en vue de conclure un traité sur le commerce des armes. Un tel traité permettrait d'endiguer le flot d'armes à destination d'États ayant des antécédents de violations des droits humains.

Amnesty International avertit que, sans traité, le rôle de garant de la paix et de la sécurité dévolu au Conseil de sécurité des Nations Unies est voué à l'échec. Le Conseil œcuménique des Églises (COE) et d'autres organisations religieuses se sont déclarées en faveur de ce traité.

Islam, religion de l'État algérien
De plus, le rapport fait état de cas de brutalités et de discriminations à l'encontre des minorités religieuses – notamment de chrétiens et de musulmans – dans la pratique de leur religion. Le rapport recense de nombreux cas de violences sectaires au Nigeria, en Égypte et dans d'autres pays.

Amnesty note « des violations des droits des communautés indigènes dans les Amériques, dans un contexte marqué par l'avidité toujours plus grande vis-à-vis de l’exploitation des ressources ; une discrimination croissante en Afrique sur la base de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ; la montée du discours xénophobe chez certains responsables politiques européens ; et une plus grande vulnérabilité au terrorisme des groupes armés islamistes en Afrique ».


En Algérie, les chrétiens, parmi lesquels des convertis, restent à la merci de poursuites judiciaires pour activité religieuse non autorisée, selon une ordonnance réglementant les religions autres que la religion d'État, l'islam. « En vertu de ce texte législatif, les chrétiens demeurent confrontés à des obstacles pour construire ou entretenir des Églises », peut-on lire dans le rapport.

En Espagne, le gouvernement catalan a déposé en septembre un projet de loi qui abrogerait l'obligation faite aux municipalités de fournir des espaces disponibles pour la construction de nouveaux lieux de culte. « Le manque de lieux de culte se fait particulièrement sentir pour les minorités religieuses », notamment les musulmans et les chrétiens évangéliques, précise Amnesty.

La Chine contrôle la pratique religieuse
En Erythrée, « seuls les fidèles des confessions autorisées par les autorités, à savoir l’Église orthodoxe érythréenne, l’Église catholique, l’Église luthérienne et l’islam, sont autorisés à pratiquer leur foi », peut-on encore le rapport. « Des membres de groupes religieux interdits ont, cette année encore, été arrêtés, détenus arbitrairement et maltraités. »

En Chine, les autorités gouvernementales poursuivent leurs efforts pour mettre toute pratique religieuse sous le contrôle de l'État : la surveillance des doctrines religieuses, la nomination des dignitaires, l'enregistrement des groupes religieux et l'édification des lieux de culte.

« Les fidèles de religions interdites ou non autorisées par l'État risquent d'être harcelés, arrêtés, placés en détention, emprisonnés et, dans certains cas, de subir de violentes persécutions », lit-on dans le rapport. Au nombre des groupes proscrits figurent les fidèles des Églises clandestines protestantes « de maison », ainsi que les catholiques reconnaissant l'autorité du Saint-Siège.

Amnesty indique en outre que les autorités chinoises ont poursuivi leur campagne systématique et souvent violente menée à l'échelle nationale contre le Falun Gong, mouvement spirituel interdit depuis 1999 en tant que « culte hérétique »

ENInews/BIA
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