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« Les droits de l’homme et les religions »
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2018-11-23
Florence, Italie
ITALIE : CONVENTION SUR LA LIBERTÉ RELIGIEUSE EN FLORENCE
LE TEMPS FORT : LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L'HOMME ET L'ACCORD ENTRE L'EGLISE CHRÉTIENNE ADVENTISTE ET LA RÉPUBLIQUE ITALIENNE.

22 novembre 2018 Rome, Italie. | Lina Ferrara, Nouvelles adventistes.


Chaque année, dans le monde entier, l'Église adventiste consacre un samedi à la liberté religieuse. En Italie, les célébrations de cette journée ont lieu le 17 février, un jour important dans l'histoire du mouvement protestant italien, jour où, en 1848, le roi Charles-Albert a cédé les droits civils aux Vaudois. Depuis cette date historique, cela fait 170 ans que durent les « lettres patentes ». 2018 est spéciale à la fois pour les nombreux anniversaires et parce que, cette fois, le 17 février tombe précisément un samedi. Les différentes communautés adventistes ont été invitées à consacrer la journée à la liberté religieuse, dans des sermons et à travers des événements planifiés.

À Florence, les 16 et 17 février, le Département des Affaires publiques et de la Liberté religieuse (PARL) de l'Union italienne des Eglises adventistes du septième jour (UICCA) a organisé une convention sur le thème « Droits de l'homme et liberté religieuse : La terrible
et palpitante marche vers la liberté. » Deux jours de réunions mettant l'accent sur deux points principaux : La Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, avec une récurrence de 70 ans ; et la Loi n° 516, qui régit les relations entre l'UICCA et l'Etat italien, qui fête ses 30 ans.

L'entrevue

En ce qui concerne les deux événements, le pasteur Davide Romano, directeur national du PARL, a répondu à quelques questions.

Lina Ferrara : 70 ans après l'approbation et la proclamation de la Déclaration universelle par l'ONU, quel est l'état actuel des droits humains ?

Davide Romano : Bref, on pourrait dire que la Déclaration universelle des droits de l'homme a représenté le moment fondamental pour atteindre le port après un long et difficile chemin. C'est un périple qui s'étend sur plusieurs siècles et qui implique la survenance de nombreux événements tragiques, y compris l'Holocauste. Au cours de ces 70 dernières années, toutes les entités et nations internationales ont été en mesure d'adopter les principes sanctionnés de la Déclaration de 1948. Ceux-ci ont été utilisés comme critères et paramètres sûrs et sans équivoque pour l'évaluation et l'autorégulation, indépendamment des différentes interprétations que chaque culture a apportées. Néanmoins, dans de nombreuses régions du monde, et pas seulement dans le soi-disant « tiers monde » (expression discutable), la dignité humaine et les libertés et droits qui la soutiennent ne sont pas suffisamment reconnus et garantis.

L.F. : Dans l’intitulé du thème de la prochaine rencontre sur les droits humains à Florence, deux mots m’ont frappé : ‘‘bonheur et jeunesse’’. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

D.R. : La « poursuite du bonheur » est une expression que nous avons volontairement reprise de la Déclaration d'indépendance américaine et nous pensons qu'elle peut encore être considérée comme le but le plus élevé et le plus noble auquel une social-démocratie peut aspirer. Naturellement, c'est un idéal à atteindre, mais nous sommes conscients de son statut profond, et peut-être permanent, dépassé. Les jeunes sont surtout ceux à qui nous voulons inspirer un intérêt indéfectible pour les valeurs de dignité humaine et de liberté, valeurs qui sont uniquement politiques.

L. F. : Pourquoi et comment les droits de l'homme et la liberté religieuse sont-ils si étroitement liés ?

D. R. : La liberté religieuse est l'expression qualifiée de la liberté de conscience. Tous les droits que les êtres humains revendiquent découlent des décisions de leur conscience dans le cadre d'un parcours historique et social. Les droits de l'homme, dans leur universalité implicite, incluent donc aussi le droit à la liberté de religion et de culte, comme le stipule l'article 18 de la Déclaration, outre le droit de ne pas avoir de religion.

L. F. : Cette année marque le 30e anniversaire de la loi n° 516, qui régit les rapports entre l'Église adventiste et l'État italien. Quelle était la situation avant la signature de l'accord et que signifiait cette loi pour l'Église adventiste ?

D. R. : La saison des accords entre les églises mineures et l'État italien a commencé, comme on le sait, très tard par rapport à 1948, l'année où notre Constitution a été pleinement appliquée. L'article 8 détient probablement le triste record de retard dans l'application de la Constitution à la législation italienne ordinaire. Aujourd'hui encore, de nombreuses Eglises et religions qui n'ont pas été en mesure de conclure un accord avec l'Etat constatent que leur droit et leurs besoins sont, en fait, contrôlés par l'ancienne loi fasciste de 1929 réglementant ce que l'on appelle les « cultes autorisés. » Pour l'Église adventiste, en tant que présence minoritaire en Italie à partir de 1864, être reconnue et protégée par la République italienne signifiait se sentir enfin chez soi plutôt que d'être seulement l'hôte d'une autre maison. Bien sûr, l'antichambre était longue et souvent désagréable.

L. F. : Ces accords entre l'État et les Églises et confessions religieuses, prévus par la Constitution, sont-ils suffisants ou sont-ils nécessaires ?

D. R. : Le principal traité dans les relations entre l'Église et l'État a certainement été fructueux pour les communautés relativement peu nombreuses qui ont obtenu l'Accord du milieu des années 80 à aujourd'hui. Cependant, il s'est avéré insuffisant pour protéger la grande pluralité de confessions religieuses que nos électeurs n'auraient jamais pu imaginer dans le paysage italien. Depuis près de deux décennies, des propositions législatives ont été élaborées pour promouvoir une protection uniforme de la liberté religieuse pour tous, sans pour autant annuler les accords déjà en place ; toutefois, le Parlement n'a pas encore réussi à établir une nouvelle loi. Cela n'est pas rare en raison d'un manque d'autonomie judicieuse en matière religieuse.
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