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2007-07-18
Paris, France
Les établissements scolaires musulmans s'ouvrent au compte-gouttes
Malgré la loi interdisant le voile à l'école publique, le boom du privé musulman n'a pas eu lieu.

Le visage ceint d'un foulard clair, Najaoua, professeur des sciences de la vie et de la terre, corrige un élève. « Fais une phrase complète, s'il te plaît. » Sans broncher, l'ado s'exécute. Devant les paillasses, les vingt élèves de 4e affichent un silence studieux. Ici, on est attentif, on lève le doigt, on participe.

Le collège-lycée La Réussite, à Aubervilliers, n'a pas choisi son nom au hasard. Plus qu'un lieu confessionnel, l'établissement privé musulman, créé en 2001 par une association du même nom, se veut un modèle de travail et de discipline. « J'ai voulu donner une alternative aux jeunes du 93 , montrer qu'ils peuvent réussir autant que les autres », explique Dhaou Meskine, le fondateur, qui milite de longue date pour le rapprochement interreligieux. Les résultats au brevet (100 % en 2005 et 93 % en 2006) sont encourageants. L'an dernier, 180 demandes d'inscription ont été enregistrées. De quoi aider l'école à atteindre son but : devenir le premier établissement musulman de métropole à décrocher un contrat d'association avec l'État. Et obtenir ainsi le financement nécessaire à son fonctionnement. Pour l'instant, les frais d'inscription (1 500 euros) couvrent difficilement les dépenses. Au rectorat de Créteil, qui a refusé l'an passé une première demande de l'établissement, on affirme que « l'examen du dossier est positif ».

Quatre écoles au total

Un premier pas vers la banalisation ? Malgré la loi de 2003 interdisant le port des signes religieux à l'école publique, la multiplication annoncée des écoles musulmanes n'a pas eu lieu. En plus de La Réussite, l'Éducation nationale en comptabilise trois : l'école primaire Taalim-al-Islam, ouverte en 1990 à la Réunion, le lycée Averroès, ouvert en 2003 à Lille, et le collège-lycée al-Kindi, fondé cette année à Décines. Soit quelques centaines d'élèves. Selon l'Union des organisations islamiques de France, un mouvement radical, deux autres projets pourraient voir le jour : une 6e à Vitry-sur-Seine, pour laquelle « les autorisations sont en cours » ; une autre à Marseille, « mais pas à la rentrée ».

Ces initiatives, toutes le fait d'associations privées, gênent Me Hafiz, délégué général du Conseil français du culte musulman et représentant de la Mosquée de Paris (modérée). « Les associations devraient se cantonner à un enseignement de l'arabe et des préceptes religieux », dit-il. Reste que beaucoup de parents semblent attachés à la possibilité qu'offrent ces écoles de cultiver l'identité arabo-musulmane de leurs enfants.

À Aubervilliers, la religion n'est pas affichée comme prioritaire. « Chez les parents, la reliogiosité passe après les résultats scolaires », assure Dhaou Meskine. L'heure de religion est facultative. Sarah, 17 ans, qui ne suit pas ce cours, apprécie « la proximité avec les profs autant que le fait d'être voilée ». Comme elle, la majorité des jeunes filles et des enseignantes sont coiffées d'un foulard. L'apprentissage de l'arabe est la seule obligation. « Ici on est tous musulmans, on n'est pas méprisés », se réjouit Leila, 12 ans. « Les écoles catholiques et juives peuvent approfondir leurs racines, observe le directeur, Fayçal Menia. Pourquoi pas nous ? »
source : Le Figaro
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