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2007-08-01
Le Caire, Egypte
Un musulman peut choisir sa religion, selon le Grand Mufti d'Égypte
La plus haute autorité religieuse d'Égypte a décrété que les musulmans étaient libres de changer de religion, une décision à contre-courant de la pratique dans le monde musulman où l'apostasie est même parfois passible de la peine de mort.
« La question essentielle qui nous est posée est: est-ce qu'un musulman peut choisir une autre religion que l'islam ? La réponse est oui », écrit le Grand Mufti d'Égypte, Ali Gomaa.

Cette déclaration, tirée d'une contribution adressée au forum du Washington Post-Newsweek et reprise dans la presse égyptienne mardi, pourrait avoir des conséquences considérables en Égypte, où les coptes représentent 6 à 10% des 76 millions d'habitants et constituent la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient.

« L'acte d'abandonner sa religion est un péché punissable par Dieu le jour du jugement dernier. Dans le cas où quelqu'un rejette simplement sa foi, aucun châtiment n'est prévu en ce bas monde », poursuit-il.

Dans la plupart des pays musulmans, les personnes qui se convertissent à une autre religion sont considérées comme apostates et sont parfois passibles de la peine de mort.

Cheikh Ali Gomaa a toutefois mis en garde contre des conversions qui viendraient saper les « fondements de la société ».

Les tentatives de musulmans en Égypte de se convertir à une autre religion ont été entravées par le refus de l'État de modifier les papiers d'identité où apparaît la religion, voire parfois par des arrestations et des placements en détention.

« Malgré le fait qu'il ne s'agisse pas d'un crime en Égypte, ces personnes sont arrêtées en vertu de la loi d'urgence ou sont traduites en justice pour outrage à la religion si elles désirent se convertir », explique Hossam Bahgat, membre de l'Initiative égyptienne pour les droits individuels.

« Cette fatwa est significative, surtout venant de M. Gomaa », a-t-il ajouté. « Depuis 2004, il y eut plusieurs procès impliquant des chrétiens qui s'étaient convertis à l'islam et qui veulent revenir au christianisme », poursuit-il.

Le 1er septembre, le Haut tribunal administratif égyptien examinera ainsi l'appel de douze coptes convertis à l'islam et cherchant à redevenir chrétiens.

M. Bahgat, dont l'association est impliquée dans la défense de ces douze coptes désireux de revenir à la religion de leur naissance, ajoute que dans ses précédentes fatwas, M. Gomaa estimait que l'apostasie menaçait l'ordre public.

Sa nouvelle déclaration permet, par contre, de se convertir sans menacer « les fondements de la société».

Un porte-parole de Dar al-Iftaa, l'organisme dirigé par le mufti et qui est chargé de rendre des avis religieux, affirme que la position de ce dernier n'a pas changé.
« Ses propos sont cohérents. L'apostasie n'est punissable que lorsqu'elle est assimilable à de la subversion », a déclaré le porte-parole.

L'apostasie est une question épineuse dans le monde musulman. Pour les plus extrémistes, les apostats méritent la mort.
« Le châtiment pour apostasie est controversé. Aucun texte du Coran ne le mentionne », affirme le vice-président du Haut tribunal administratif, le juge Ahmed Mekky.

Au contraire, les textes évoquent des cas d'apostats exécutés pour trahison, un crime politique plutôt que religieux.

M. Bahgat affirme qu'il se réfèrera à l'opinion de M. Gomaa pour consolider la défense des douze coptes.

« Gomaa est un fonctionnaire, l'un des plus hauts conseillers de l'État. Il est de facto l'adjoint du ministre de la Justice. Ses opinions sur le sujet font donc autorité », affirme M. Bahgat.
Source : AFP Agence France-Presse, 24 juillet 07
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